Nouvel an Chinois, une tradition aux A.M.Ronchinois

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Pour entrer comme il se doit dans la nouvelle année, rien ne vaut une bonne danse du Lion ! ! !

 

Comme chaque année à cette période, l’équipe de danse du Lion de la section Kung Fu Wu Shu Wing Chun des Arts Martiaux Ronchinois, s’est mis en chasse des mauvais esprits de l’année écoulée (2010 était l’année du tigre) pour accueillir le lapin en 2011.

 

La danse du Lion qu’est ce que c’est ?

Le Lion chinois est un animal traditionnel qui porte chance et fait fuir les démons. La danse du Lion est une cérémonie associée aux événements importants, aux inaugurations… Elle est surtout exécutée  durant les fêtes du nouvel an chinois. Les pratiquants de la danse du Lion sont toujours des élèves de Wu Shu. En effet, cette danse demande à la fois la maîtrise des positions, des déplacements propres aux Arts Martiaux Chinois et une bonne condition physique. La tête est lourde, la position de celui qui fait la queue est inconfortable et comme la danse peut durer longtemps, il faut de la part des officiants une bonne résistance et beaucoup d’endurance. Ainsi, la différence essentielle entre les deux danseurs est pour le premier d’avoir des épaules et des bras robustes pour porter la tête et pour le deuxième d’avoir un dos solide ainsi que des jambes fortes car il est souvent penché et doit porter de nombreuses fois son partenaire.

 

Les éléments qui constituent le Lion :

La tête est une structure de bambou recouverte par du papier mâché peint. Elle possède des éléments articulés : les oreilles, les paupières et la bouche. Ces derniers  sont commandés par le danseur à l’avant de l’animal, qui les manipule tel un marionnettiste. Le corps de l’animal est constitué d’une longue cape recouverte de poils qui cache les deux danseurs. Le danseur à l’arrière, est quant à lui en charge de la queue mobile. Chacun des danseurs est vêtu d’un pantalon et de chaussures coordonnés à la cape, ainsi que d’une veste de Wu Shu ou d’un t-shirt indiquant de quelle école il est élève.

 

La cérémonie :

Pour lancer les festivités, des pétards rouges (couleur traditionnelle des événements heureux comme le nouvel an, les mariages…) sont mis à feu en grand nombre, en préambule de la danse, afin de faire fuir les esprits malfaisants qui se sont accumulés tout au long de l’année précédente. Nos musiciennes, munies d’un grand tambour, d’un gong et de paires de cymbales, donnent le rythme aux deux lions lors de la danse traditionnelle. Elles participent elles aussi à chasser les mauvais esprits puisque pour les chasser il faut faire un maximum de bruit (les pétards ayant déjà fait une bonne partie du ménage…). Durant la cérémonie, le lion doit avoir l’air vivant et refléter toute la puissance qu’un tel animal peut susciter. Si le rôle de celui qui fait la queue est ingrat, il n’en demeure pas moins qu’il est aussi important que la tête. Les deux sont unis pour donner vie à l’animal, un seul corps et un seul esprit. Les deux lions aux couleurs chatoyantes se lancent dans une danse endiablée. Les crinières des costumes traditionnels s’agitent, les figures de danses se multiplient, les deux fauves se déchaînent. La musique module la férocité et la vigueur des lions, en alternant des moments extrêmement toniques et d’autres bien plus calme qui vont jusqu’à l’endormissement des lions. Accrochée à bonne hauteur, une salade flotte dans les airs. Les deux animaux chimériques ouvrent leurs gueules pour la déchiqueter. Bien heureux celui qui sera touché d’une feuille de salade («choy» qui a la même prononciation que prospérité en chinois) recraché par l’un des lions, la tradition veut qu’il reçoive richesse et santé dans l’année. La parade s’achève et les masques tombent. Derrière chaque costume de lion pesant chacun une dizaine de kilos, deux membres du club d’Arts Martiaux de Ronchin. Nous jouons ce spectacle une quarantaine de fois pendant la période du nouvel an, et nous répétons régulièrement au cours de l’année. Dans cette danse traditionnelle, certaines figures sont libres et d’autres sont imposées comme les portés« ma bu », « gong bu » et épaules. Les portés épaules sont les plus  complexe à exécuter. Le danseur situé à l’arrière de l’animal porte debout sur ses épaules son camarade qui tient la tête de l’animal. A la fin de la danse, l’une des musiciennes apportera à chacun des lions un kakémono (une bande de tissu portant une inscription) enroulé. Celui-ci sera déroulé, en passant par la gueule du lion, et  laissera apparaître les vœux pour la nouvelle année. L’origine propitiatoire reste très importante au yeux des pratiquants d’arts martiaux chinois. Les lions salueront toujours trois fois l’hôtel, où sont disposés les offrandes et où brûle l’encens, en signe de dévotion aux anciens. En effet, chacun se rappellera qu’honorer le rituel et respecter le rite, c’est accepter ses anciens comme faisant partie de sa vie de pratiquant. C’est grâce à eux et à leurs enseignements que nous pouvons perpétuer les traditions et la pratique martiale.